06 mars 2008
back with what?
Ma grande épopée touche à sa fin, d'ici 24h j'entamerai mon retour vers São Paulo, j'aurai laissé derrière moi 11 états brésiliens, 3 pays latino-américains, de nombreux compagnons de routes, moults nationalités passant les frontières à mes côtés. Je laisse derrière moi les montagnes colorées du nord argentin, l'accent des habitants de Buenos Aires parcourant les chemins, je laisse le Salar d'Uyuni, immuable, la confusion bolivienne, l'altitude qui abat les touristes à La Paz, la paix des eaux du Titicaca, la caillasse de l'Isla del Sol, le silence bolivien, ses feuilles de coca et son dos courbé, je laisse derrière moi ce Brésil de géant, ses fleuves et ses forêts gigantesques, ses plages interminables, ses eaux tièdes, ses cocotiers "carte postale", ses déserts de dunes, son sertão sec, ses plantations de cannes á sucre, de café, de cocotiers, je laisse derrière moi grandes cités fourmillières et bourgades cachées entre deux merveilles naturelles, je laisse derrière moi un morceau de mon coeur afin que ce dernier continue à s'imprégner de cette légèreté chanceuse qu'offre le voyage.
Mais j'emporte avec moi les souvenirs, les sourires du Brésil, les couleurs de l'Amérique, la chaleur humide de l'Amazonie, celle aride de l'Argentine et des hauteurs andines, j'emmène avec moi tout ça pour affronter le frais retour. J'emméne caché au fond des yeux le souvenir des regards échangés, de l'air surpris des enfants boliviens, de l'air coquin des brésiliens, de l'attitude paisible des peuples argentins. J'emporte ma définition du bonheur réécrite ici, j'emporte tout ce qui s'est gravé dans la rétine et dans le coeur, l'incommensurable qui hélas se transmet si mal. J'emporte un morceau d'un autre monde, bien différent, délicieusement vivant malgré les dégradations, les perturbations, les explosions de l'être humain. La vie est encore bien présente en ce bas-monde et c'est un délice de s'en apercevoir.
J'arrive, sans avoir fermé les yeux, les oreilles et les pieds encore entre deux tons de samba.
A tout'.
Clou
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22:32 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17 février 2008
Un carnaval qui n'en finit pas
Après la course au carnaval, les "on doit y aller, désolé" afin d'arriver à temps à Recife pour le carnaval, on ne l'a finalement pas regretté. Incroyable tradition qui plairait à plus d'un et déplairait à tant d'autres... 4 jours et 4 nuits (blanches) à sauter et danser au milieu d'une foule dense et bouillante, aux rythmes endiablés du Maracatu. Dans les étroites ruelles d'Olinda gare aux pieds écrasés, aux bières renversées et aux baisers volés, ici c'est la jungle. Plus de règles, juste une: faire la fête sans s'arrêter. Les costumes, la musique, les couleurs, les plumes, les paillettes, les tambours, les pas de danse, le brésil et son carnaval, image internationale, mais l'essentiel n'est pas tant le visuel que l'effervescence et les coeurs qui battent à l'unisson. Intransmissible sensation de folie, de vie, de jeunesse. Comme si la plus grande et la plus belle fête de ma vie avait duré 4 jours, sans s'arrêter, admirant 3 aurores consécutives, laissant disparaître la lune souriante et bienveillante pour repartir sous la chaleur écrasante suivre les premiers "blocos" du petit matin.... (blocos: groupes musicaux traditionnels, le jeu consistant á les suivre de très près au ryhtme dansant de leur musique).
Aprés un tel marathon, enfin le repos sur les incroyables plages du Nordeste, Porto de galinhas, Amaraipe, Maceió, Barra de São Miguel, Conde.... Quelques petits coins reculés aussi pour quelques nuits á la belle sur des plages désertes, profiter du silence, se remettre á flot avant d'arriver à Salvador. Dans son vieux centre historique qui a vu souffrir tant d'esclaves, dans ce Nordeste noir, qui aujourd'hui sourit même si l'abolition au Brésil c'était hier. Aujourd'hui á Salvador de Bahia, le pelourinho (le pilori), quartier central, antique et touristique, prend sa revanche sur les cris de douleurs, ce sont aujourd'hui des cris de joie, un lieu de fête... Même si les touristes envahissent les ruelles, un ruban au poignet offert par les vendeurs ambulants avant la négociation interminable d'un collier de perles, même si les enfants sniffent de la colle et les adultes fument du crack... Les contradictions, des sourires et accolades aux regards de souffrance, un concentré de Brésil en somme.
Et mamamn qui arrive dans la chaleur du soleil et des habitants de bahia, un brise-habitude, une plongée dans une autre dimension, un autre hémisphère. Bienôt partance pour des lieux plus tranquilles, plus reculés, avant le retour.
Bons baisers d'ici, Saudades....
Clou
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17:38 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23 janvier 2008
Comme un retour à la maison...
Depuis combien de temps.... Plus aucune notion temporelle á vrai dire....
Aprés Clou dans le train sibérien, voici Clou dans le bateau amazonien...
Bientot une semaine á dormir dans un hamac pendu sur le ponton d'un bateau allant lentement par-delá les immenses fleuves de l'Amazonie brésilienne,
aprés le froid des hauteurs boliviennes, nous voici redescendues vers les chaleurs tropicales, les moustiques, la chaleur du Brésil et de son peuple, décidément des plus festifs...
Rien á voir.... Une autre Amérique encore une fois.... Cette Amérique qui m'enchante chaque fois un peu plus par sa richesse humaine et sa diversitée... Mais cette Amérique Latine pillée et dévastée de ses richesses par nos beaux intérêts nordistes, ça laisse un pincement au coeur...
Mon plus beau voyage en avion, ma plus grande frayeur aussi... La Paz/Guayara-Mirim á la frontiére bolivo-brésilienne, un survol qui reste entre les nuages et les sommets des Andes, au décollage vue sur La Paz nichée au creux des montagnes, bientot on apercoit le Titicaca, vraiment tres haut celui-lá, puis les sommets qui se couvrent et se découvrent des neiges éternelles, qui paraissent á portée de main avant de changer de couleur, ocre, rouge, puis on ferme les yeux, juste un instant et voila que deja l'étendue verte se dessine, l'Amazonie commence, et n'en finit plus!!! du vert, du vert et encore du vert, ca fait plaisir á voir au milieu des serpents géants que dessinent les grands fleuves.... Du bonheur, jusqu'á l'arrivee en terre "caliente", ou toutes les epaisseurs mises sur les epaules á la paz tombent en un clin d'oeil dans la chaleur humide et etouffante...
Et la frontiere se passe comme une lettre á la poste...
plaisir du portugais qui revient comme une langue maternelle, de l'hospitalité brésilienne, rien á voir....
Et c'est parti pour l'interminable traversée, elle ne termine pas cette foret, et c'est tres bien ainsi, esperons qu'ils en laisseront suffisamment pour avoir toujours la possibilité sensationnelle de s'y perdre...
Aujourd'hui Santarem, quelques nouvelles "rapidinho" parce qu'on dirait pas comme ça mais je pense fort á vous tous, vous me manquez meme!!! Demain direction Belem, la mer, l'embouchure de l'Amazone se jettant dans l'Atlantique, notre point du voyage le plus proche de l'Equateur mes amis, j'ai jamais été aussi proches de vous!
Alors j'en profite pour envoyer toute mon énergie de bisous et de chaleur, de soleil et de joie.... Especial pour les 4 bougies de ma petite Clara!!!
Saudades.
Clou
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